LES BRÈVES DE MARS

Brèves de mars

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Barbiers et coiffeurs

C’est une corporation très ancienne.
En 1674, les barbiers-perruquier-étuvistes sont reconnus et les « coiffeurs de dames » sont des « artistes indépendants »
La profession est inscrite parmi les métiers d’art
Voici une profession bien représentée dans le tissus commercial
mais qu’en était-il en 1926 ?
On trouvait à Challans quatre barbiers coiffeurs :
Messieurs Bardon, Huchet, Tougeron et Traineau.
Les tarifs semblent encadrés ou faire l’objet d’une entente ?
Voici ce que l’on pouvait lire en 1926 :

Dans une réunion tenue jeudi, MM. les coiffeurs de notre ville ont adopté
et mis immédiatement en application le tarif suivant

Barbe, 0 fr.75 Barbe et coup de peigne, 1fr.
Supplément pour alcool, 0 fr.25

Coupe de cheveux : Fantaisie, 2 fr.25 ; Ras derrière 2 fr. ;
Ras, 1 fr.50; 
Jeanne-d’Arc, 2 fr.50 ; Dames, 4 fr.

Publié par le Phare de La Loire.

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1905

Distraction du dimanche

Travaux d’Hercule

Dimanche, à 2h30, un hercule d’une force peu commune, Monsieur Alphonse, à donné une séance à laquelle assistait une foule nombreuse qui n’a pas ménagé ses applaudissements.
Monsieur Alphonse jongle avec une facilité extraordinaire avec des poids de 50 et 100 kilos, fait le moulinet avec des haltères d’une dimension qui impose le respect, tord et brise des chaînes les mieux soudées et oppose une force de résistance invincible à deux chevaux qui tirent pourtant à plein collier !

Le phare. Auguste Barrau .

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Cette carte postale a été écrite le premier janvier 1914. Une année qui fut heureuse, comme le souhaite cette jeune fille, jusqu’à la date de la mobilisation générale. Les soldats, souriants, n’avaient pas les bras remplis de fleurs, mais ils partirent la fleur au fusil. On partait vers l’inconnu, on promettait de revenir bientôt.

Parmi les challandais qui s’embarquèrent à la gare, un jeune homme de 27 ans, Hippolyte-François Bonnier, l’aîné de la fratrie, était né à Monfort-sur-Meu, dans le département d’Ille-et-Vilaine. Son père, Jean-Baptiste Bonnier, né à Saint-Vincent-des-Landes en 1860 (44), était venu à Challans en tant que contremaître, pour construire l’église, sous la conduite de l’entrepreneur Richer, de Redon. Il y revint habiter après avoir participé à la construction de l’Eglise de La Madeleine, dans l’île de Nantes. Un bâtiment qu’il faudra par la suite détruire, tellement il avait souffert des bombardements de la Seconde Guerre Mondiale. Jean-Baptiste Bonnier, chef entrepreneur, va installer sa famille jusqu’alors itinérante, suivant les chantiers, dans la Grande-Rue, quartier de la Chapelle face au Parc des Marzelles.

Les Bonnier sont des bâtisseurs et Hippolyte-François va se montrer particulièrement précoce dans l’art de la construction des édifices religieux. Après avoir fréquenté l’École des Frères de Saint-Gabriel à Challans, il poursuit sa scolarité au Petit Séminaire des Couets, devenu en 1848, l’un des premiers collèges catholiques de Nantes.

Hippolyte-François fit ses débuts à Saint-Etienne du Bois, pour la construction de l’église, sur les plans de M. Fraboulet. L’entreprise familiale mena ensuite le chantier du nouvel Hôtel de Ville de Challans, conformément à la décision, en 1911, du conseil municipal dirigé par Benjamin Riou.

Le 16 janvier 1913, l’église de Saint-Christophe-du-Ligneron est détruite par la foudre. C’est le jeune Hippolyte qui va débuter les travaux de reconstruction, qui seront arrêtés par la guerre. Ils reprendront sans lui, après 1922, date à laquelle on doit organiser une tombola pour trouver le financement nécessaire à son achèvement. Le premier lot est conséquent :1,000,000 de francs !

Hippolyte va se marier avec Mademoiselle Marthe Hervouet de Nantes, le 25 avril 1914. L’abbé Grelier qui bénissait l’union fit un tableau élogieux du jeune marié, dont les qualités se signalent par les constructions que son père lui a confiées : « son talent s’est surtout manifesté dans l’achèvement de la reconstruction de l’église byzantine de Paimbœuf, édifice important, remarquable à tous les points de vue ».

Il n’en verra malheureusement pas la fin.

L’église byzantine de Paimbœuf
Elle abrite l’autel de l’abbaye de Buzay (Rouans) fondée par Bernard de Clairvaux,
incendiée pendant la révolution. 
(Archives de la Loire-Atlantique)

Hippolyte-François Bonnier fut tué le 7 mars 1916, vers 5 heures du soir. Il faisait partie du 93e d’infanterie. Six ans plus tard, le 25 avril 1922, son corps fut exhumé et ramené à Challans, le lundi 29 mai. L’abbé Goupil, curé doyen, présidait à la gare la levée du corps. Le cercueil, porté par les ouvriers de l’entreprise fut, après une messe célébrée par l’abbé Grelier, transporté au cimetière du caillou blanc accompagné par ses deux frères, Baptiste et Gaston qui ont vaillamment, eux aussi, fait leur devoir de soldats. Son épouse et sa fille – qui de son père n’aura vu que le cercueil – sont chaleureusement entourées d’une foule sympathique qui, en dépit des années, se souvient du jeune bâtisseur, promis à un bel avenir.

L’année 1921, l’entreprise Bonnier achèvera la reconstruction de la façade de la chapelle de La Bloire. Celle-ci s’était effondrée en octobre 1920. Une fois encore, Madame Merland des Raillières avait offert 3000 francs au curé doyen, pour les travaux. Mais comme à Saint-Christophe, la somme était insuffisante. Elle devra être complétée, entre-autres, par la vente habituelle réalisée chaque année au profit de la chapelle. On se pressa pour vendre des pains, des bouteilles de vin, des sacs de haricots, etc. qui furent estimés, en vertu de l’enchère, au-dessus de leur valeur réelle.

L’entreprise, malgré la perte d’Hippolyte, continua son développement et bientôt, Baptistine Bonnier, qui était née en 1900 pendant la construction de l’église de Saint-Etienne du Bois, épousera Marcel Vrignaud. Ils s’installeront au 45 de la Rue Gambetta et l’entreprise deviendra, pour un temps, « Entreprise Bonnier – Vrignaud successeur » avant de devenir l’entreprise Marcel Vrignaud, future ECTP.

En 1923, la ville acceptera la proposition de l’hôpital Biochaud de céder un terrain, boulevard de l’Est, à l’entreprise Jean-Baptiste Bonnier, au tarif de 8 francs le m². Elle s’y installe alors et se spécialise dans la plâtrerie.

Erick Croizé
25/12/2021

Sources :
La Dépêche Vendéenne – L’Echo de Paimbœuf – Le Phare de la Loire – Archives de la Vendée et de Loire Atlantique -Shenov.

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La pandémie s’éloigne
le printemps montre son nez,
on va pouvoir aller valser !

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Loin des fureurs du monde

Photos Léa Croizé actuellement en Antarctique à bord du Commandant Charcot

 

 

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